Sauver Bourgon de l’irréparable

Sauver Bourgon de l’irréparable : faisons front contre l’affront du projet éolien.

Faut-il que les politiques soient aveugles pour ne pas voir les paysages qui les entourent, qu’ils soient sourds aux opinions qui les alertent, pour laisser faire au nom d’un progrès destructeur  et d’un lobby puissant qui avance ses pions souvent masqué, y compris par vents contraires ?

Faut-il que les politiques, au niveau communal, département et national se soient entendus pour mépriser ce paysage qui fait notre richesse, qui est le fruit du labeur de dizaines de générations qui se sont succédées sur ces terres de France que, désormais, ils s’apprêtent à livrer au rouleur compresseur du bien pensant (et surtout pesant) éolien ?

Car c’est bien de cela qu’il s’agit, d’un pays livré en pâture à des gens qui ne voient pas plus loin que le bout de leurs intérêts et qui se moquent de l’avenir, de celui qui sera donné en héritage quand collines, bois, forêts, vallons, prés, auront été dévastés par cette armée de sentinelles en métal dont les bras déployés dans le ciel brandissent leur menace sur notre environnement.

L’éolien, oui, mais pas n’importe où, n’importe comment
Qu’une certaine production d’énergie passe par l’éolien, pourquoi pas. Il ne faut pas refuser systématiquement les nouvelles technologies, surtout quand le nucléaire démontre ses limites et ses dangers. Loin de nous l’idée de nier que l’éolien puisse avoir droit de cité, mais pour cela, qu’il n’abîme pas la cité, qu’il n’en fasse pas un champ de herses qui hérissent l’horizon.

Don Quichotte et le sang chaud passa…
Que l’éolien s’adapte à son environnement et non l’inverse paraît un constat de départ et de bon sens. Des éoliennes dans de grands espaces peu habités, dans certaines parties du désert ou de la mer, dans des campagnes peu peuplées, cela peu s’entendre et se comprendre, encore que, cela exige aussi un minimum d’explication et de réflexion.

Quand on sait que ce même lobby et, hélas, quelques politiques, ont cru bon de défendre un dossier pour l’implantation des éoliennes dans la baie du Mont Saint-Michel, on a les bras qui tombent. Heureusement, et sous la menace d’une perte du label du Patrimoine mondial de l’Unesco, les adversaires de ce champ marin d’éoliennes ont eu gain de cause.

Mais quel combat ! Penser que ce même Mont Saint-Michel pouvait être saccagé par ces inquisiteurs de l’éolien fait froid dans le dos. Pour eux, le troisième site touristique français, des millions de visiteurs, une merveille de l’Occident, une architecture unique, un témoignage sans équivalent, pouvait passer à la trappe et être à jamais défiguré par ce bataillon figé au garde-à-vous, immergé en pleine baie, au vu de tout le monde, comme une balafre à un paysage immémorial.

Bourgon en première ligne de défense
Il en va de même pour Bourgon, aujourd’hui menacé par des éoliennes, en pleine ligne de mire de ce superbe château, l’un des plus beaux de Mayenne. Dans cet écrin de verdure où la demeure élancée défie le temps avec noblesse depuis des siècles, le camp éolien a décidé une fois de plus de frapper en giflant le passé.

Que se passe-t-il dans la tête d’un de ses contempteurs de l’énergie éolienne pour perpétrer le massacre ? Rien, du vent, me direz-vous !
Oui et non. Oui, parce que le vent à bon dos et qu’il s’agit ni plus ni moins de toucher les subsides d’un programme visant à placer de l’éolien dans une sorte de chantage au porte à porte communal : un peu d’argent pour les uns, beaucoup pour d’autres et pour le reste, on insulte l’histoire avec le mépris des ignorants et l’arrogance des nouveaux riches.

Non, parce ce vent qui balaye tout sur son passage, est aussi les pieds dans la terre, avec des tonnes de béton, une assise par éolienne dont on dit qu’elle équivaut à une piscine olympique, et une suite aléatoire dont la conclusion après quelques décennies d’un usage plus ou moins productif pourrait se résumer à « après moi le déluge » puisqu’à ce jour, il est stipulé que les propriétaires des terrains devront rendre le sol et l’emprise à leur emploi initial, comme si de rien n’avait jamais existé.

Diantre ! Mais qui sera là pour le vérifier dans un demi-siècle. Vous, messieurs les décideurs politiques qui ne voyez pas plus loin que le bout de votre mandat ? Vous, les citoyens qui applaudissez aux éoliennes moyennant menue monnaie et conservatisme ambiant ? Vous, les entreprises de l’éolien qui transformez le vent en or sur le dos du contribuable ? Et après ?

Stop à cette intrusion qui bouleverse tous les équilibres
Bourgon défiguré, vous vous en souciez comme d’une guigne ! Le château, la forêt, l’écosystème, le patrimoine… roupie de sansonnet, une fois votre forfait accompli, vous irez replanter vos arguments et vos éoliennes dans un autre cadre pour argent sonnant et trébuchant. Et tel un éléphant dans un magasin de porcelaine, vous irez briser l’harmonie de paysages pour que vos pales puissent tourner au rythme de votre tiroir-caisse.

Ainsi, peu à peu, sur ce champ de ruines paysager que constituera votre champ d’éoliennes s’élèvera le chant lugubre d’une musique lancinante, le te deum pour le château de Bourgon et tous ceux qui seront sur votre passage. Votre pseudo credo écologique qui en réalité ne rime qu’avec fric, vous aura conduit à dénaturer l’environnement, à dégénérer l’esprit éolien qui aurait pu souffler dans le bon vent de l’histoire.

Mais il faut produire du pylône au kilomètre en faisant en catimini vos basses œuvres et en profitant des périodes estivales, par exemple, pour entériner une situation et placer les propriétaires d’un lieu comme Bourgon devant le fait accompli. Celui du Prince qui décide sans dialogue, sans concertation, sans connaissance et un seul objectif, placer du kilomètre linéaire d’éolien, ici en Mayenne, comme ailleurs sans doute, au mépris de la qualité de vie et de ce que l’histoire nous a légués, de ce que la géographie nous a offerts, à savoir un territoire préservé (encore), avant que vos pelles et pioches ne l’annihile sauvagement.

SOS Bourgon, SOS Mayenne, SOS Patrimoine !
Pas besoin d’aller en Amazonie, ici au centre de la Mayenne, tel un gruyère, le département est contaminé par cette éolienite aigüe. Il faut se lever pour Bourgon et toute autre demeure de cette qualité, il faut soulever des montagnes, et nous savons qu’Isabelle et Alain Ducatillon ont l’énergie pour y parvenir, il faut arrêter ce bulldozer de la bien pensance étatique qui laisse faire les petits barons locaux et autres roitelets dont on pourrait rire si le conte de fée n’était pas un compte de faits tragiques.

Et pour rester un instant en Mayenne, lieu de notre débat actuel, qu’a donc à offrir ce modeste département à l’échelle nationale, enclavé entre Anjou et Bretagne, entre Maine et Normandie ? Un tourisme vert, un patrimoine émaillé de petites cités, de villages fleuris, de cours d’eau préservés, de bâtiments civils et religieux portant les traces d’une histoire qui remonte jusqu’à la Gaule Romaine (avec Jublains), et puis des centaines de châteaux, petits et grands, presque tous habités (ce qui en fait d’ailleurs le département ayant le plus de propriétés de ce type). C’est cela que certains veulent livrer au plus offrant ?

Quand elle se pare des habits de la propreté, de l’écologie, de l’économie, et autres vertus d’une ruralité progressiste, l’industrie éolienne en réalité ne fait qu’avancer à visage couvert, sous le masque hideux de la tromperie sur marchandise. Les éoliennes soufflent le vent de la discorde et s’en moquent.

Elus de tous bords, réagissez avant qu’il ne soit trop tard…
En France, on n’avait pas de pétrole mais on avait des idées, croyait-on… Ce fut remplacé par le vent mauvais de cette tornade éolienne qui balaie tout sur son passage. Ne serait-il pas temps de se poser et de réfléchir sereinement pour que nos monuments ne soient pas bientôt tous hérissés de flèches d’acier, sacrifiés sur l’autel d’une fausse modernité, remparts métalliques peu propices au regard et à la préservation d’un patrimoine unique, que nos élus bradent au vent mauvais de l’histoire.
A la veille des Journées du Patrimoine, il serait temps que chacun prennent conscience des enjeux et regarde les monuments comme des lieux de vie et d’avenir, autrement que comme des enclos d’un passé révolu, sur lequel on se penche avec intérêt 48h par an et qu’on abandonne ensuite à la cupidité de certains loups.

On sait ce qu’il est advenu des Indiens d’Amérique, à présent parqués et qui servent d’alibi dans quelques westerns. Il y a des paysages, que rien ne pourra plus jamais remplacer, où aime à s’égarer le cœur et à divaguer l’âme. Détruire, c’est ça le progrès ?

Henri-Jean ANGLADE


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